"Le Liban est plus qu'un pays, c'est un message" S.S. Le Pape Jean-Paul II |
La guerre de 1975
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La
guerre de 1975
Les
causes de la guerre
Les
causes de la guerre sont variées ; elles sont d’ordre sociologique,
historique, confessionnel, politique, régional,... Cependant,
la cause directe de la guerre est la présence des palestiniens armés au Liban,
et leur constitution d’un Etat dans l’Etat : en effet, les camps des
palestiniens furent, et le restent toujours, interdits aux autorités
libanaises. Après une période d’affrontements réguliers entre les
Palestiniens et l’armée libanaise, surtout entre avril et octobre 1969, les
Accords du Caire de 1969 permirent aux palestiniens d’effectuer des opérations
militaires à partir du Liban. Mais
cette cause directe n’est pas la seule explication, et une question s’impose :
pourquoi la guerre n’a pas éclaté dans d’autres pays arabes, où les
Palestiniens étaient présents aussi ? Car le terrain libanais est un
terrain plus “ fertile ” à une guerre : alors que les opérations
militaires des palestiniens n’étaient pas tolérées dans les autres pays
arabes (par exemple, en Jordanie les Palestiniens furent massacrés par l’armée,
le “ septembre noir ”, en 1970), ces derniers bénéficièrent
d’un large appui des forces islamo-progressistes au Liban, qui firent même de
la cause palestinienne la leur, comme si le Liban était le seul responsable de
la résistance contre Israël. Le combat politique palestinien-israelien se
transforma, d’une façon erronée, en un combat islamo-juif. Et
lorsque les chrétiens demandèrent la défense légitime de la souveraineté de
l’Etat libanais, ils furent traités d’isolationnistes, de traîtres pour la
cause arabe qui, pourtant, est souvent appelé “cause musulmane” ou “résistance
musulmane” (telle la résistance actuelle du Hezbollah, nommée “résistance
musulmane”). Face
à ce paradoxe, l’armée libanaise était interdite de toute intervention pour
calmer les Palestiniens et pour reprendre le contrôle total de son territoire.
Le Liban ainsi miné dans sa structure interne déjà trop fragile, plia sous le
poids des forces extérieures qui cherchaient un terrain pour “ leurs
guerres ”.
Déroulement de la guerre
Le 13 avril 1975, un autobus palestinien portant des éléments armés passe
devant une église dans une région chrétienne, défiant les phalangistes.
Cette provocation sera suivie d’accrochages entre les Palestiniens et les
phalangistes. Les forces musulmanes et la gauche se soulevèrent contre les chrétiens,
et interdirent à l’armée d’intervenir pour calmer les Palestiniens qui ont
dépassé les limites à l’intérieur d’un pays souverain. La
guerre prend une dimension religieuse et confessionnelle avec le massacre de
plusieurs villages chrétiens par les Palestiniens et les musulmans : Ayn
el Assad, El Quaa, Haouch el Oumara, Damour, Maasser el Chouf… Les milices chrétiennes
répliquèrent au Batroun et Koura.
Les camps des palestiniens armés situés à l’intérieur des zones chrétiennes
pressentaient un danger. Plusieurs affrontements eurent lieu entre les forces
libanaises chrétiennes et ces camps, et ils se terminèrent par la chute des
camps de Dbayeh (janvier 1976), Jisr el Bacha (juin 1976), Tall el Zaatar (août
1976). En
juin 1976, l’armée syrienne rentra au Liban, et le Président syrien Assad
dira le 20 juillet 1976, dans une allocution prononcée à l’université de
Damas, que cette intervention venait d’une décision purement syrienne, et
qu’il n’avait attendu la demande de personne pour intervenir. Plusieurs
affrontements et combats eurent lieu entre les forces chrétiennes et l’armée
syrienne et celle ci imposait souvent un blocus aux régions chrétiennes, comme
à Achrafieh et à Zahlé. Le
but de la Syrie étant de contrôler le Liban et d’y être le seul maître,
elle ne s’attaqua pas uniquement aux chrétiens, mais aussi à toutes les
parties qui auraient pu présenter une menace pour elle. En
effet, un combat dura de 1980 à 1985, à Tripoli au nord du Liban, entre
d’une part les musulmans intégristes en coalition avec certaines
organisations palestiniennes, et d’autre part les partis sympathisants avec la
Syrie. En
avril1981, l’aviation israélienne bombarde des positions syriennes au Bekaa,
ce qui pousse les Syriens à placer des missiles antiaériens dans cette région.
En juillet de cette même année, les Israéliens effectuent des raids aériens
contre les Palestiniens au sud du Liban et à Beyrouth-Ouest. Le
6 juin 1982, Israël lance l’opération “Paix en Galilée” contre les
positions des palestiniens au Liban. L’occupation israélienne atteint
Beyrouth et une partie de la Montagne libanaise, après des combats avec les
forces syriennes. En août, les Etats-Unis obtinrent un accord qui arrêta les
hostilités israéliennes, évacua les forces palestiniennes et leur
infrastructure hors du Liban et replia les forces syriennes jusqu’au Bekaa. Le
23 août 1982, Bechir Gemayel fut élu Président de la République. Il a réussi
à rassembler autour de lui les différents mouvements libanais, même les
musulmans, autour du rêve de voir enfin le Liban un pays indépendant. Mais le
rêve qu’incarnait Bechir fut assassiné avec lui le 14 septembre. Son frère,
Amine Gemayel, fut élu le 21 septembre Président de la République. Ce
dernier engagea des négociations avec Israël pour essayer d’arriver à un
accord de paix. Un accord, appelé “Accord du 17 mai”, fut approuvé par le
Parlement libanais. Mais sous la pression des syriens et de ses alliés
libanais, cet accord ne fut pas conclu. Avec
le retrait israélien de la Montagne, les villages chrétiens furent attaqués
par les forces druzes, aidés par des palestiniens. Ces villages furent détruits,
et des milliers de leurs habitants massacrés ; les autres se déplacèrent vers
Beyrouth. De même, en 1983, des musulmans intégristes vidèrent
Beyrouth-Ouest, sa banlieue et le Bekaa (sauf Zahlé) de leurs habitants chrétiens. En
1984, l’armée libanaise dut quitter Beyrouth-Ouest après des affrontements
avec le mouvement chiite Amal. La région de Chahhar Al-Gharbi et le littoral du
Chouf tombèrent entre les mains des milices Druzes. Ces derniers envahirent
en1985 Iklim el Kharroub, où les villages chrétiens furent rasés. Durant
cette même année, les Forces Libanaises chrétiennes durent quitter, après
des affrontements avec des musulmans et des palestiniens, les villages chrétiens
de l’Est de Sayda, du littoral de Jezzine et de Zahrani. Fin
1985, et sous le patronat de la Syrie, un accord entre Elie Hobeika (chrétien),
Walid Joumblatt (druze) et Nabih Berry (musulman chiite) fut conclu. Mais les
partis chrétiens refusèrent l’accord et, début 1986, une partie des Forces
Libanaises dirigée par Samir Geagea, et avec l’aide de l’armée libanaise,
évinça Hobeika avec évincèrent de la région chrétienne. Ce combat dans la
région chrétienne se solda par des centaines de morts, et par une domination
de Samir Geagea sur les Forces Libanaises. En
1987, après des affrontements entre la milice du Parti Progressiste de Walid
Joumblatt et le mouvement chiite Amal de Nabih Berry, l’armée syrienne
s’installe de nouveau à
Beyrouth-Ouest. Ainsi la Syrie occupa le Bekaa, le Nord après avoir écrasé
les intégristes musulmans et leurs alliés palestiniens à Tripoli, et
Beyrouth-Ouest. Le
1er juin 1987, le Premier ministre libanais Rachid Karamé est assassiné. En
1988, des affrontements opposèrent les milices chiites du Hezbollah avec les
milices chiites Amal à Beyrouth-Ouest et sa banlieue Sud. A
la fin du mandat du Président Gemayel en septembre 1988, l’élection d’un
nouveau président n’a pas eu lieu. Dans une telle situation, et selon la
constitution, le président doit constituer un gouvernement intérimaire. Le Président
Gemayel désigna le chef de l’armée, le Général Michel Aoun comme chef de
ce gouvernement. Mais le dernier président du conseil des ministres du mandat
de Gemayel, Selim Hoss, refusa la désignation du Général Aoun et se considéra
toujours comme chef du gouvernement. Ainsi, le pays eut un gouvernement dans
chacune des régions, la région chrétienne et la région musulmane. Le 14 mars
1989, le Général Aoun lance une “guerre de Libération” contre la Syrie
qui effectue un blocus sur la région chrétienne. En
octobre 1989, 62 parlementaires libanais se réunissent à Taef, en Arabie
Saoudite, et rédigent le “Document d’Entente Nationale”, connu sous le
nom “Accord de Taef”. Le Général Aoun, qui refuse cet accord, dissout le
parlement. Mais ce dernier, qui réfute l’autorité de Aoun, approuve
l’accord et élit René Mouawad président de la République le 5 novembre
1989. Mais le 22 novembre, le Président Mouawad
est assassiné, et Elias Hraoui est leu nouveau Président. Le
30 janvier 1990, une guerre atroce éclata entre l’armée libanaise du Général
Aoun et les “forces Libanaises”
de Samir Geagea. Cette guerre affaiblit le camp chrétien,
et entraîna un large mouvement d’émigration chez les chrétiens.
Durant tous leurs conflits antérieurs, jamais les chrétiens ne s’entre-tuèrent
comme ils le firent durant cette dernière guerre qui eut pour résultat la
perte de la souveraineté de la région chrétienne qui, affaiblie de l’intérieur,
fut occupé parla Syrie. Ainsi,
le 13 octobre 1990, une campagne militaire syrienne et libanaise, dans laquelle
l’aviation syrienne a frappé le palais Présidentiel Libanais, obligea le Général
Aoun qui se trouvait dans le Palais à se réfugier dans l’Ambassade de
France. L’armée syrienne envahit toute la région chrétienne, occupa même
le Palais Présidentiel et le ministère de la Défense, et effectua des
massacres sur son passage dans des villages chrétiens. Avec
la chute de la dernière région libanaise entre les mains des syriens et de
leurs alliés libanais, la guerre au Liban s’arrêta. Comme
si son but était atteint ! |
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