"Le Liban est plus qu'un pays, c'est un message" S.S. Le Pape Jean-Paul II |
Le Liban dans la Bible La guerre de 1975 Notre message Lettre mensuelle
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NOTRE MESSAGE Notre
message est un message de paix. Car
on est destiné à s’entendre pour vivre ensemble, sinon mourir ensemble.
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S’il est vrai que l’union fait la force, il est encore plus vrai
que la diversité dans l’union fait la richesse. Le
Liban, depuis ses origines phéniciennes jusqu’à nos jours, fut le point
de rencontre de plusieurs civilisations et il a ainsi connu plusieurs
influences : phenicienne, egyptienne, mesopotamienne, grecque, romaine,
arabe, franque, turque et francaise.. Il est inconcevable de définir notre
identité libanaise en lui occultant, pour des buts politiques, quelques-uns
uns de ses traits caractéristiques. En plus, pour ces mêmes buts
politiques, on mutile à l’Histoire certaines de ses périodes. Actuellement,
on assiste au Liban à une dangereuse opération : la manipulation, au nom
de l’unité nationale et regionale, de notre identité libanaise.. L’identité
globale de la nation est la résultante de plusieurs identités particulières
ou individuelles. Or chaque identité individuelle est façonnée par
plusieurs appartenances qui peuvent être complexes, comme pour le cas
libanais. Notre identité se compose de plusieurs niveaux : national partagé
entre tous les concitoyens et religieux qui va meme jusqu’à l’identité
confessionnelle. De plus, l’identité religieuse engendre une identité
culturelle : le chretien manifeste une preference pour le monde culturel
occidental et le musulman pour le monde culturel arabe.
Il serait immature que les différences dans les niveaux d’identité
soient une source de conflits, car seule notre identité nationale doit
compter pour chaque individu. De plus, il serait criminel de sacrifier
l’identité de certaines parties pour tenter d’imposer une seule identité
culturelle au Liban. En
termes plus clairs, c’est l’identité des chrétiens qui souffre de
l’oppression, et ceci pour limiter toute la richesse et la diversité
culturelle libanaise dans la seule identité culturelle arabe. Ceci passe
par l’occultation de la période de notre Histoire antérieure aux arabes,
et ne pas avouer que nous sommes un peuple phénicien. Pire encore, celui
qui mentionne ses vraies origines phéniciennes est accusé de renier son
entourage arabe ! Mais
ce qui effraie aujourd’hui, c’est la confusion autour de deux notions :
arabe et musulmane. Ces deux termes sont souvent assimilés comme équivalents.
Cette fusion de deux choses différentes empêche le chrétien arabe
d’avouer son arabité, car il veut préserver son identité religieuse.
La falsification de l’identité libanaise se fait aussi à travers
un discours politique faisant sans cesse référence à tout ce qui se
rapporte au mot “arabe” : nation arabe, cause arabe, unité arabe,
arabisme, arabité… Ce discours veut imposer son vocabulaire superflu, et
rendre ainsi la vie politique au Liban depourvue de ce qui l’a toujours
caractérisé des pays arabes : la liberté. En
restreignant le vocabulaire, c’est l’opinion politique qui se trouve
puni. Il faut adhérer au discours politique officiel car celui qui le
critique est fortement culpabilisé. Ainsi,
les chrétiens sont punis car ils refusent l’aliénation de leur pays :
leurs jeunes sont arretés, leurs chefs poursuivis, ils sont mal representés
dans le conseil des ministres, souffrent de lois electorales injustes qui
tentent de les affaiblir… Par
sa soumission à la volonté syrienne, le pouvoir au Liban est incapable
de réaliser une vraie entente nationale, car il marginalise les chrétiens
qui ne se sentent pas partenaires à parts égales dans l’avenir de leur
pays. L’entente nationale n’aura lieu que lorsque les Libanais seront
vraiment indépendants, et ils pourront faire ensemble leurs choix
politiques, compte tenu de l’intérêt de leur pays et non de celui des
autres. Et ce n’est qu’un peuple uni qui pourra réinventer son destin.
Or aujourd’hui, une grande partie du peuple, toutes confessions
confondues, est unie autour d’un sujet considéré il y a peu de temps
encore comme tabou : un necesaire redeploiement de l’armée syrienne au
Liban, en vue de son retrait. Cette demande, qui garde comme plafond
l’Accord de Taef, est rejetée par un pouvoir tirant lui-même sa légitimité
de cet accord. Mais il est clair que la Syrie, profitant économiquement et
politiquement de sa présence au Liban, ne compte pas se retirer. Certains
libanais, plaçant leurs intérêts personnels avant ceux de leur pays,
critiquent tout appel à la souveraineté. Or dans cette période critique,
seule une coopération équilibrée, sans aliénation d’un pays par un
autre, peut profiter à la fois au Liban et à la Syrie, tant pour les défis
internes que les défis externes. Notre
rôle dans la région est une grande responsabilité que l’on doit assumer
: Le Liban est le pays phare de la liberté, de la démocratie et de la
diversité pour toute la région arabe. Tous les Libanais, et surtout les
chrétiens, sont tenus à s’engager plus dans la vie publique et
politique, et à ne plus accepter un destin imposé par la force. Si
la liberté ne nous est pas donnée, il nous faut l’arracher. |
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Abdo Medlej 2001© |